Extrait, " Quand le murmure devient cri " :
Quand je rentre à la maison, après un tour en France ou ailleurs, parfois très loin, j'ai besoin de temps pour installer les belles rencontres que j'ai faites avant de pouvoir en parler.
Je suis un peu comme un appareil photo.
Dans l'instant de la découverte, je grave les visages, les intonations, les regards dans mon coeur.
De retour, il me faut les développer. Ce n'est qu'après, en regardant ces "photos" dans un autre contexte, que ce que j'ai vécu me revient en mémoire.
Et, comme on le fait pour les photos, je classe ces images dans mon coeur. Lorsqu'un ami passe, je l'ouvre en sa compagnie, je lui montre, je lui commente tous ces souvenirs. Et ils reprennent vie. Sous le regard de mon ami, je découvre des choses que j'avais négligées.
Mon album photo devient un trésor inépuisable. Une invitation à la méditation.
Aujourd'hui, mon coeur est rempli d'albums qui me tiennent chaud. Tous ces visages, toutes ces rencontres créent en moi une grande circulation de vie et me confirment dans mon sentiment. Quand je pars sur les routes pour donner mon témoignage, c'est moi qui reviens la hotte chargée de cadeaux.
On dit souvent que le bien ne fait pas de bruit.
Dans ce livre, je voudrais crier que l'extraordinaire est souvent tout près de nous. L'extraordinaire prend naissance dans l'ordinaire de chaque effort caché des personnes que je rencontre.
Les personnes dont je parle, je les ai rencontrées dans le hasard de la vie, sans présentation organisée, lors de témoignages, au cours de voyages, dans mon village, dans mon imprévu quotidien...
Ce que j'ai reçu d'elles, j'ai envie de ne pas le garder pour moi. Car j'ai beaucoup reçu. Si l'homme tordu que je suis devient, peu à peu, un peu meilleur, c'est parce qu'il est transfusé par le bien des autres.
S'imbiber des beaux gestes des autres, c'est une façon d'avoir des réponses ou des apaisements par rapport à nos blessures, visibles ou cachées.
Au point d'avoir l'envie et l'espérance de croire à un devenir meilleur. Bien des personnes, sans le savoir, sont des transfuseurs de vie. En allant vers les autres, on va vers soi, on apprend à accepter d'être soi.
" Quand le murmure devient cri " de Tim Guénard.
Si je met cette photo içi ce n'est non pas pour son ridicule ou autre mais juste parce que pour moi ce sont elles elle léa et celles qui ce reconnaissent qui font partie de mon album...